L’itinérance douce, levier de développement durable

L’itinérance douce, levier de développement durable

Face aux nouveaux défis imposés par le changement climatique, à l’heure où les consciences s’éveillent et où les comportements évoluent, le monde du tourisme doit se réinventer et s’adapter.

Ce secteur d’activité se place en effet comme un levier formidable de développement durable des territoires, tant sur le plan économique, social et environnemental. Parmi les nouvelles formes de tourisme alternatif qui ont pu se développer ces dernières années, l’itinérance douce (aussi appelée slow tourisme) se démarque et séduit, en particulier sur les territoires ruraux et montagnards. Cette opportunité de développement touristique a été saisie, parmi d’autres destinations, sur le Massif des Vosges, avec le projet des Grandes Échappées Vosgiennes

La randonnée itinérante, une pratique en plein essor

En France, la randonnée pédestre se place en 1ère position des activités sportives pratiquées par les Français. La randonnée itinérante réunirait quant à elle plus d’1,2 millions de pratiquants ! De quoi offrir aux territoires ruraux de belles perspectives ! Cette pratique présente en effet toutes les conditions de réussite pour développer un tourisme durable et semble répondre pleinement aux nouvelles aspirations de nombreux visiteurs, en quête de ressourcement et de grands espaces…

De par sa nature, l’itinérance douce propose de découvrir une destination au fil d’un parcours défini en utilisant un moyen de déplacement non motorisé : à pied, à vélo, à cheval, en kayak ou encore en raquettes… Les impacts négatifs sont moindres avec ces mobilités douces et permettent à ceux qui s’y essayent pendant leur séjour d’appréhender pleinement un territoire et ses richesses.

| Des bénéfices durables pour les territoires

Les bénéfices générés sur les territoires traversés par des itinéraires de randonnée sont multiples et profitent à une grande diversité d’acteurs : hébergements, restaurateurs, offices de tourisme, accompagnateurs en montagne, prestataires d’activités et de visites, associations… Les randonneurs en itinérance sont amenés durant leurs étapes à aller au cœur des territoires, du petit commerce de proximité au grand site touristique incontournable.

Grâce à cette pratique touristique, les retombées économiques sont réparties de façon équilibrée entre les nombreux acteurs concernés, avec un étalement intéressant de l’activité sur les ailes de saison (d’avril à octobre environ). La surfréquentation sur certains sites touristiques est aussi limitée, puisque ces derniers ne constituent que des points d’étape sur le parcours des itinérants.

Sur le plan environnemental, la randonnée itinérante, quand elle est réalisée de manière respectueuse, figure comme une pratique douce. Pour commencer, les émissions de gaz à effets de serre des pratiquants sont limitées aux déplacements réalisés pour venir et repartir à la fin de leur séjour. Les espaces naturels étant au cœur de l’expérience, ils permettent en outre aux visiteurs d’être au plus proche de la nature, ce qui place par exemple la pratique comme un levier formidable de sensibilisation à sa préservation…

Côté social, le développement de l’itinérance douce favorise le lien et les échanges entre de nombreux acteurs du territoire concernés par l’itinérance douce, tant publics que privés.  Ce type de pratique permet au final aux randonneurs de vivre une véritable expérience au cœur des territoires traversés : authentiques et au plus près des habitants et de leur convivialité. De surcroît, les itinéraires de randonnée offrent la possibilité aux territoires de valoriser la diversité patrimoniale et culturelle qu’ils recèlent.

| Un défi à relever pour les territoires…

Face à ces enjeux forts de développement et d’attractivité, de plus en plus de territoires se saisissent aujourd’hui de l’opportunité offerte par l’itinérance douce. Mais le défi est de taille pour parvenir à organiser une offre pertinente et de qualité : mise en place d’un balisage uniforme et lisible sur des parcours sélectionnés avec soin, organisation de services adaptés aux randonneurs, développement d’outils d’information et de guidage, promotion des itinéraires…

De nombreux acteurs, tant publics que privés, se trouvent au final concernés par ce genre de démarche de mise en tourisme. Il semble alors essentiel de faire travailler de concert toutes ces parties prenantes, pour parvenir à organiser une offre touristique cohérente et de qualité.

Une mise en réseau essentielle pour développer la pratique

Pour parvenir à construire et promouvoir ce genre d’offre touristique, certaines destinations ont ainsi progressivement structuré un réseau entre les acteurs concernés… Plusieurs font aujourd’hui figure d’incontournable pour les randonneurs itinérants : chemins de Compostelle, chemin de Stevenson (GR®70) ou encore Grandes Traversées du Jura pour n’en citer que certains. Par le biais de stratégies et dispositifs variés, ces destinations ont su mettre en œuvre de véritables démarches structurantes autour d’itinéraires pour les développer et les promouvoir de façon durable.

| Des exemples réussis de mise en réseau

Le chemin de Robert Louis Stevenson est par exemple un modèle réussi d’itinéraire culturel doux. Coordonné par une association en partenariat avec les collectivités territoriales, l’itinéraire valorise le parcours emprunté par le célèbre écrivain écossais qui porte son nom. Chaque année, 6 000 à 8 000 randonneurs arpenteraient ce parcours illustre, générant plus de 4 millions d’euros de retombées économiques chaque année sur les territoires traversés.

D’autres exemples de destinations pourraient encore être cités, comme la démarche engagée dans le Jura avec les Grandes Traversée du Jura et l’Échappée Jurassienne, ou encore celle dans le Massif Central avec la Grande Traversée du Massif Central à vélo…

| Les GEV, réseau d’itinéraires sur le Massif des Vosges…

Dans les Vosges, sur le territoire du Pays de la Déodatie un projet de développement touristique autour d’itinéraires de randonnée pédestre commence à faire ses preuves : celui du réseau des Grandes Échappées Vosgiennes (GEV).

Sur plus de 460 kilomètres, les GEV invitent à fouler les chemins du versant lorrain du Massif des Vosges au fil de 3 boucles GR® de Pays. Depuis 2019, une véritable démarche de mise en réseau des acteurs du territoire a été initiée afin de construire progressivement une offre touristique durable le long des itinéraires… Avec des services variés et de nombreuses possibilités de découvertes patrimoniales pour les randonneurs itinérants, le projet promet de belles perspectives de développement durable sur ces territoires…

« L’itinérance douce est recherchée par des publics en quête de ce que l’on appelle couramment aujourd’hui des pratiques authentiques, là où l’humain et la nature ont encore du sens et de la place. »

Jean Corneloup, sociologue

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Contact :

Sophia LEUDIHAC
Chargée de mission itinérance pédestre
Responsable des Grandes Échappées Vosgiennes
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sleudihac@deodatie.com
03.29.56.71.72

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